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Les aliments médicaments


Le Pr Jean-Marie Bourre devant les aliments indispensables au maintien d'une bonne santé.

En premier lieu, il faut citer les poissons gras (saumon, maquereau, morue...) qui contiennent des acides oméga 3, lesquels préviennent (et traitent éventuellement) les maladies cardio-vasculaires et protègent de pathologies inflammatoires telle la polyarthrite. << Il n'y a pas que les plantes qui peuvent fournir des médicaments! S'exclame le Pr Jean-Marie Bourre. Pour ces acides oméga3, il faut toujours privilégier le poisson gras "sauvage" car les poissons d'élevage n'ont peut-être pas consommé une nourriture naturelle ayant permis à leur organisme de fabriquer ces substances protectrices. N'oublions pas cette règle d'or : manger du poisson deux fois par semaine divise par deux le risque vasculaire. Ces mêmes acides oméga 3 se retrouvent en quantité moindre mais appréciable dans une certaine catégorie d'œuf : les oméga3 obtenus chez des poules ayant été nourries par des graines de lin. Les huiles végétales (colza, noix, soja) contiennent aussi d'autres acides gras de la même famille que les oméga3. Elles sont recommandées chez la femme enceinte et pourraient même prévenir des accouchements prématurés. >>

Autre aliment-médicament : la tomate, dont une substance, le lycopène, a révélé des propriétés anticancéreuses. Selon le Pr Jean-Marie Bourre : <<Le lycopène a un effet préventif dans le processus de certaines cancérisations (prostate, sein, ovaire, utérus et poumon face au tabagisme). Cette substance caraténoïde anti-radicalaire exerce une action antioxydante, c'est-à-dire neutralise les radicaux libres de certaines substances toxiques (hydrocarbures d'une viande trop grillée). L'action antioxydante du lycopène empêche l'A.d.n. de nos cellules d'être altéré par les radicaux libres, lesquels sont responsables d'un dérèglement de la machine cellulaire pouvant notamment déclencher un développement anarchique des cellules. Selon les conclusions d'une étude récente, un déficit important en lycopène pourrait être un facteur favorisant du cancer de la prostate, de même qu'un certain taux de déficit serait susceptible de constituer un signal d'alarme. >> Le lycopène de la tomate cuite est plus bio-disponible que quand elle est crue. La sauce tomate serait donc plus active que la tomate naturelle ! Brocolis et choux de Bruxelles exercent aussi un rôle préventif.

Des expérimentations de laboratoire ont déjà démontré les propriétés anticancéreuses de ces deux légumes riches en substances antioxydantes (notamment en vitamine C, en bétacarotène, en composés soufrés et en sélénium). Un nouvel essai conduit par le Dr Murrag et publié en 2001 dans le journal " Carcinogenesis " a révélé que les grands consommateurs de brocolis (250 grammes par jour) développaient moins de cancer du poumon et de l'estomac que ceux qui n'en mangeaient pas. Les brocolis crus en salade sont plus efficaces que cuits. Autre aliment historiquement bénéfique : l'ail, utilisé déjà comme " dopant " par les Grecs lors de leurs premiers Jeux olympiques. Aujourd'hui, on sait pourquoi : il favorise une meilleure circulation sanguine et évite la formation d'un caillot. " La dernière étude expérimentale a démontré que, sur le plan cardio-vasculaire, cet aliment diminuait d'une part la fabrication des triglycérides et du cholestérol et, d'autre part, l'agrégation des plaquettes sanguines ", explique le Pr Bourre. Il faut enfin parler du raisin et du vin dont une substance, le révastrol (à l'étude), pourrait prévenir les maladies cardio-vasculaires en évitant aux lipides du sang de s'oxyder.

 

 

Source : Paris Match N° 2760 du 18 avril 2002

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