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Bruit

Préservez votre

capital auditif

Pour un Français sur deux, le bruit représente la première des nuisances.
Un salarié sur trois est exposé à des bruits de forte intensité ou très aigus. La surdité se trouve au troisième rang des maladies professionnelles. On sait par exemple que 87 % des 15-24 ans fréquentent les discothèques et/ou utilisent un baladeur. Ces quelques chiffres dressent le portrait de notre environnement sonore. Les sons et leurs effets sur la santé sont devenus un problème de société. Depuis 1992, plusieurs textes législatifs sont entrés en vigueur afin de prévenir, de limiter ou de supprimer les nuisances sonores. Ces lois ont le mérite d'exister mais elles ne suffisent pas toujours à régler le problème. Chacun doit prendre en main sa propre prévention.

Parmi les populations les plus concernées, les jeunes inquiètent davantage les professionnels de l'audition et les pouvoirs publics. "On assiste aujourd'hui à une surenchère du bruit", constate le Dr Coupez, spécialiste en ORL. Discothèques, soirées privées ou raves, concerts, baladeurs, cinéma, le son monte toujours plus haut. 90, 100, 110 dB relevés dans des écouteurs (limités légalement à 100 dB) ou à proximité d'une scène de concert peuvent provoquer des lésions irréversibles de l'oreille interne. "Tout dépend bien sûr de la durée d'exposition au bruit, précise le Dr Coupez, de la proximité de la source sonore et de la sensibilité de chacun."


Une exposition de 8 heures à 85 dB équivaut physiologiquement
à une exposition de 56 secondes à 112 dB.

 

Les jeunes, une population menacée.
Par exemple, une exposition de 8 heures à 85 dB équivaut physiologiquement à une exposition de 56 secondes à 112 dB.
À partir d'un certain seuil, l'individu exposé ressent une fatigue auditive : les oreilles sifflent (phénomène d'acouphènes), bourdonnent et les sons paraissent feutrés. Ces phénomènes durent plus ou moins longtemps puis disparaissent. Les lésions sont heureusement le plus souvent infimes. "Le traumatisme de l'oreille interne, conclut le spécialiste, apparaît soit par accumulation d'expositions à des sons élevés, soit par une exposition unique à un son brusque d'une intensité très élevée. Une détonation de fusil ou la musique à la sortie d'un haut-parleur peuvent provoquer des lésions irréversibles et une surdité définitive. Seules l'information et la prévention peuvent renverser la tendance actuelle."

Article réalisé avec la collaboration du Dr Coupez (Syndicat national des médecins ORL)



Le parcours du son

Entendre un son déclenche une succession de réactions:vibrations, signaux nerveux... qui transmettent l'information de l'oreille au cerveau.

Un son est une succession de vibrations transmises par l'air ou les solides. La forme du pavillon de l'oreille permet de faire converger les sons. Les ondes sonores entrent dans le conduit auditif et font vibrer le tympan. Ces vibrations mécaniques font bouger les trois osselets, marteau, enclume, étrier, logés dans la caisse du tympan. Ils transmettent les ondes sonores à l'oreille interne.

La cochlée ou limaçon se compose de trois canaux. Dans l'un de ces canaux, appelé canal cochélaire se trouve l'organe de Corti qui est le véritable organe de l'audition : il est constitué de liquide et de cellules ciliées qui transforment les vibrations mécaniques en influx nerveux transmis par le nerf auditif vers le cerveau. C'est la partie temporale du cerveau qui traduit les influx nerveux en informations auditives. La mémoire auditive permet de reconnaître des sons déjà entendus et d'en enregistrer de nouveaux.


Vivre avec

le bruit


Circulation routière, voie ferrée, rue très animée, voisinage bruyant, les bruits des autres nous semblent toujours plus désagréables que les nôtres. Voici quelques suggestions pour mieux vivre en société.

Voisinage bruyant…
En dehors des problèmes liés à la construction de l'habitation, les nuisances sonores peuvent être le fait de voisins particulièrement bruyants. Si c'est le cas, commencez par aborder le problème avec eux. Proposez-leur de vérifier par eux-mêmes les nuisances que vous subissez. Si vos voisins refusent toute discussion, envoyez-leur une lettre recommandée exposant vos griefs. Envoyez une copie de vos courriers à la mairie ou au service communal d'hygiène et de santé.

...et tapage nocturne
On croit souvent qu'avant 22 heures, tout est permis. C'est faux. Le tapage diurne ou nocturne est réprimé de la même manière et les amendes restent identiques. De même qu'aucune autorisation particulière n'est accordée pour les soirées privées. C'est à chacun de prendre ses précautions afin de limiter les nuisances pour le voisinage.

Les astuces antibruit
Si votre logement est mal insonorisé, pensez à limiter vos propres bruits. Déchaussez-vous en entrant chez vous afin d'éviter le claquement des talons sur le parquet ou le carrelage. Ne posez pas votre équipement hi-fi à même le sol et éloignez-le des murs. Choisissez un équipement électroménager silencieux et glissez des patins anti-vibrants en caoutchouc sous les pieds de votre lave-linge, lave-vaisselle et réfrigérateur. Pour vos sols, optez pour de la moquette, éventuellement complétée par une sous-couche en caoutchouc, comme pour le parquet flottant.
Les tissus muraux absorbent une partie des bruits émis et entrants.

  Quand le bruit rend malade

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Source : le journal Carrefour - décembre 2001 - n° 80

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