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Cancer : de l'ovaire

 

À gauche, le cancer de l'ovaire se présente sous la forme d'un kyste contenant du liquide. À droite, le cancer sous sa forme dite végétante est une masse entièrement solide.

 

 

Le cancer de l'ovaire

touche chaque année 13 femmes sur 100 000 en Europe et représente 4 % des cancers de la femme. C'est un cancer de mauvais pronostic.
Le cancer de l'ovaire est plus fréquent après 40 ans, mais il peut survenir chez une femme plus jeune, voire chez une enfant.

 

 

MIEUX CONNAÎTRE LE CANCER DE L'OVAIRE

Les causes
Plusieurs facteurs de risque sont suspectés.
En premier lieu, des facteurs hormonaux, mal définis. La grossesse et la contraception orale auraient un effet protecteur durable lié à la mise au repos des ovaires.
On soupçonne également
des facteurs de risque génétiques. Dans certaines familles, le cancer de l'ovaire apparaît précocement, il est associé à des cas de cancer du sein ou du côlon chez d'autres parents.
Des facteurs liés à l'environnement, tels que l'amiante et le talc, sont également probables. Le rôle des radiations ou du virus des oreillons est discuté mais non prouvé.

 

Les manifestations
Le plus souvent, les signes d'alarme sont tardifs ou trompeurs. Ce sont des douleurs ou des pesanteurs dans le bassin, des saignements vaginaux, des mictions fréquentes, une constipation ou des pesanteurs rectales.
Parfois aussi, le cancer de l'ovaire se révèle par l'augmentation de volume de l'abdomen, gonflé par une ascite - ou épanchement liquidien - dans le péritoine.
Plus rarement encore, le cancer est suspecté lors d'un examen systématique ou une échographie pratiquée pour une autre raison.

 

L'évolution
Le cancer de l'ovaire est l'un des plus graves. Sa découverte est souvent tardive et les métastases ont envahi d'autres tissus dont le péritoine. Malgré les traitements, la survie de cinq ans ne dépasse guère 30 %. Elle est presque nulle en l'absence de traitement.

 

QUE FAIT LE MÉDECIN

La consultation
Il n'est pas toujours évident pour le médecin de rattacher les symptômes à un cancer de l'ovaire. Au cours de l'examen clinique ou gynécologique, il peut percevoir une masse dans le bassin ou la fosse iliaque. C'est parfois un empâtement généralisé qui l'intrigue. Il demande alors des examens complémentaires.

 

Les examens

  • L'échographie montre une masse localisée à l'ovaire et plus ou moins végétante. Elle peut avoir l'apparence d'un kyste, être emplie de liquide ou pleine, avec des bords réguliers ou non.
  • Une cœlioscopie demandée en cas de doute permet de voir la tumeur et d'en prélever un fragment qui sera analysé au microscope en même temps que du liquide péritonéal.
  • D'autres examens déterminent l'extension régionale du cancer : cystoscopie, urographie, scanner abdominal et marqueurs sanguins de type CA 125, surtout utiles pour suivre l'évolution du cancer sous traitement.

 

Les traitements

  • Le traitement du cancer de l'ovaire est d'abord chirurgical. La laparotomie - ouverture classique de l'abdomen - permet d'extraire la tumeur et ses extensions, de prélever des fragments du péritoine ou d'autres organes abdominaux suspects. L'examen au microscope de la tumeur détermine le choix des traitements complémentaires.
  • La chimiothérapie est le complément habituel de la chirurgie. Commencée vers le dixième jour postopératoire, elle est poursuivie six mois au moins.
  • La radiothérapie n'est utile que devant certaines formes cellulaires particulières.
    Après six ou huit mois de traitement, un bilan complet est pratiqué. Il comprend une échographie, un scanner et parfois une seconde laparotomie. Si ce bilan est normal, les chances de guérison définitive atteignent alors 65 à 90 %.
L'ESSENTIEL
  • Le cancer de l'ovaire est une tumeur maligne grave.
  • Les facteurs de risque sont mal déterminés.
  • Les signes d'alarme sont souvent tardifs et non spécifiques.
  • Le traitement associe chirurgie et chimiothérapie.
  • Une femme sur trois guérit d'un cancer de l'ovaire.

 

SYMPTÔMES

  • Douleurs dans le petit bassin

  • Constipation ou faux besoin

  • Mictions fréquentes ou douloureuses

  • Gonflement de l'abdomen

  • Pertes de sang en dehors des règles

 

DÉPISTAGE ET PRÉVENTION

  • Il n'y a pas de moyen de dépistage fiable, économique et non agressif.

  • Seules les femmes de famille à risque peuvent bénéficier chaque année d'une prise en charge pour un examen gynécologique, une échographie et un dosage de marqueur sanguin CA 125.

  • Il n'y a pas de prévention systématique possible

 

LA MÉDECINE EN PROGRÈS
  • La recherche des familles à risque permettra à terme une politique de dépistage plus performante chez les femmes concernées.

  • Les médicaments qui aident à mieux supporter la chimiothérapie rendent possible l'utilisation de doses plus efficaces.

  • Les dérivés de l'écorce de l'if sont testés avec succès sur les formes évoluées du cancer de l'ovaire.

  • Un meilleur repérage des marqueurs sanguins du cancer pourrait déboucher sur un dépistage fiable et précoce.

 

Des métastases du cancer de l'ovaire se développent par essaimage sur le péritoine situé au contact de l'appareil génital.

 

Source : Guide Santé de la Famille - groupe 10 - fiche 2

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1'0bjet du Guide Santé de la Famille est de vous apporter un certain nombre d'informations de caractère scientifique et médical, lesquelles, en cas de problèmes affectant votre santé, ne sauraient être substituées à l'avis de votre médecin.