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Cancer : des os

 


De gauche à droite, trois formes différentes de cancer des os :
cancer ostéogénique, cancer ostéolytique, ostéosarcome.

Le cancer des os est une tumeur primitive développée à partir des cellules du tissu osseux. Il ne doit pas être confondu avec les métastases osseuses, complications fréquentes d'autres cancers.

Mieux connaître le cancer des os
Le cancer des os - ou sarcome - est situé sur les os longs, surtout au niveau des membres. On distingue plusieurs types de cancer des os les
cancers ostéogéniques, qui fabriquent un tissu pseudo-osseux, les cancers ostéolytiques, qui détruisent le tissu existant (tel le
Sarcome d'Ewing) et les cancers du cartilage, ou chondrosarcomes.
Le cancer des os touche l'enfant, l'adolescent et l'adulte jeune. Les cancers osseux du
sujet âgé sont rares en dehors des complications d'une maladie de Paget
.

Les causes
Le seul facteur favorisant connu est l'exposition aux rayonnements, thérapeutique ou accidentelle. Cette exposition entraîne un traumatisme de l'organisme qui semble jouer un rôle de révélateur plutôt qu'être une cause directe du cancer.

Les manifestations
Les signes d'alarme sont très semblables quel que soit le type de cancer des os. Celui-ci se manifeste par une douleur violente qui persiste même la nuit. Une gêne fonctionnelle importante accompagne la douleur. Le membre paraît tuméfié, chaud, d'une coloration sombre.

Une fracture spontanée, sans traumatisme, peut être le signe initial révélateur. La pâleur, la fatigue, la fièvre apparaissent à un stade assez précoce. C'est parfois une radiographie, demandée pour une autre raison qui révèle le cancer des os.

L'évolution
I'espérance de survie à cinq ans varie de 15 à 50 % selon le type de cancer et la précocité du traitement. En l'absence de traitement, l'espérance de vie n'excède pas quelques mois.
Il y a quelques années encore, l'amputation représentait la meilleure chance de guérison. Aujourd'hui, les progrès de la radiothérapie et de la chimiothérapie repoussent la chirurgie invalidante et autorisent des interventions plus limitées.

QUE FAIT LE MÉDECIN ?

La consultation
Le médecin s'attache à différencier le cancer des autres affections osseuses dont les signes sont voisins : ostéomyélite, tumeurs bénignes, maladies articulaires. Il demande pour confirmer ses doutes des examens d'imagerie et de laboratoire.

Les examens
La radiographie standard
peut montrer d'emblée des images typiques dites en feu d'herbes ou en pelure d'oignon. Elle n'est pas toujours concluante.
I'
échographie est utile pour analyser l'état des muscles et des tissus qui sont voisins de la tumeur.
La
scintigraphie osseuse permet de repérer d'éventuelles localisations secondaires.
La
biopsie est l'examen clé pour confirmer le type de la tumeur et guider le choix du traitement.
Les
examens de sang ne sont pas significatifs.

LES TRAITEMENTS 

Certains cancers, tel le chondrosarcome, ne peuvent être traités que par la chirurgie. Le réticulosarcome d'Ewing, à l'inverse, est très sensible aux radiations du cobalt. Les autres types de tumeurs osseuses sont plus ou moins sensibles à la radiothérapie ou à la chimiothérapie.
Le médecin choisit donc le traitement
le mieux adapté :
-
chirurgie mutilante d'emblée suivie ou non de radiothérapie selon la sensibilité du cancer;
- radiothérapie intensive et chirurgie limitée ou non sur la tumeur résiduelle;
- chimiothérapie pour limiter le risque de récidive sur les seules tumeurs sensibles aux médicaments.

Si les séquelles opératoires l'imposent, le malade opéré bénéficie' ensuite d'une rééducation active et de prothèses.

 

 

L'ESSENTIEL

 

- Le cancer des os frappe surtout des sujets jeunes.

- Il n'y a pas de facteur de risque courant connu.

- Les signes d'alarme sont la douleur et le gonflement d'un segment de membre.

- Le traitement repose sur la chirurgie et la radiothérapie.

 

 

 

 

 

 

 

SYMPTÔMES

 

- Fracture spontanée

- Chaleur locale, coloration

- Gêne fonctionnelle croissante

- Gonflement, déformation

- Fatigue, pâleur, fièvre

- Douleur lancinante persistant la nuit

 

 

 

 

 

 

 

DÉPISTAGE ET PRÉVENTION

 

Il n'y a aucune mesure de prévention.

La radiothérapie systématique devant un traumatisme banal ou une douleur trop prolongée peut toutefois permettre de dépister précocement un cancer des os.

Seuls les enfants irradiés méritent une surveillance de dépistage.

 

 

Sur cette radiographie de hanche, la tête du fémur est atteinte d'un chondrosarcome, tumeur développée à partir du cartilage.

LA MÉDECINE EN PROGRÈS

Comme de nombreux cancers, le cancer des os devrait bénéficier dès les prochaines années :

- d'une meilleure utilisation des traitements existants, visant surtout à réduire l'ampleur de la chirurgie;

- de nouvelles chimiothérapies en cours d'essais : anticancéreux classiques, dérivés d'écorces d'arbres, cytokines;

- des progrès de la génétique avec les possibilités de thérapie génique ou de destruction sélective des cellules cancéreuses;

- d'un dépistage possible par analyse génétique des sujets à risque.

 

Source : Guide Santé de la Famille - groupe 3 - fiche 40

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