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Infarctus du myocarde

 

La zone du cœur - qui était irriguée par le vaisseau, souffre du manque d'oxygène et se détruit : c'est l'infarctus.

 

L'infarctus du myocarde est l'accident cardiaque le plus redoutable. Il représente une cause majeure de décès.

MIEUX CONNAÎTRE L'INFARCTUS
L'infarctus du myocarde est une destruction des fibres musculaires cardiaques par manque d'oxygène.
Il peut compliquer une angine de poitrine déjà connue ou survenir d'emblée.

Les causes
La cause de l'infarctus est l'obstruction d'une artère coronaire. Un caillot se forme dans un rétrécissement de l'artère, dû neuf fois sur dix à une plaque d'athérome. Un rétrécissement lié au spasme ou une malformation
naturelle sont en cause une fois sur dix.
L'effort, le stress, les émotions augmentent les besoins en oxygène du cœur et sont les facteurs déclenchants habituels.

Les manifestations
L'infarctus concerne surtout les hommes de 40 à 60 ans qui présentent des risques tels que surcharge de poids, hypercholestérolémie, tabagisme, stress.
La douleur est le signe majeur. Comme l'angine de poitrine, elle est localisée
au milieu du thorax, serrant comme un étau, elle irradie vers le cou, la mâchoire, le bras ou le poignet gauche, l'estomac. Survenue pendant un effort ou parfois au repos, elle ne cède pas à une prise de médicaments nitrés, contrairement à l'angine de poitrine. Elle s'accompagne d'angoisses,
de nausées, d'une chute de tension. Un pouls irrégulier d'emblée est un signe péjoratif qui accroît l'urgence. Certains infarctus sont silencieux et ne sont détectés que par hasard lors d'un bilan cardiaque.

L'évolution
En l'absence de traitement les infarctus étendus - qui concernent une vaste zone musculaire - sont très souvent mortels. Des infarctus plus limités peuvent sembler guérir spontanément mais il reste une zone morte dans le myocarde.
Les traitements modernes ont révolutionné le pronostic
en évitant une mort sur trois dans les premières heures.

QUE FAIT LE MÉDECIN ?

La consultation
L'analyse de la douleur et des signes cardiaques est le temps essentiel de la consultation faite en urgence. Un électrocardiogramme confirme immédiatement l'infarctus. Le délai de prise en charge par une équipe de réanimation ne doit pas alors excéder 90 mn pour préserver les chances de survie.

Les examens
En urgence, seul l'électrocardiogramme (ou ECG) est utile pour faire le diagnostic.
En effet, les analyses de sang ne témoignent de l'infarctus que 4 à 6 heures plus tard.
À l'hôpital, le malade est
mis sous monitorage pour une surveillance continue du cœur et de la tension. Une échographie, une coronarographie ou étude radiologique des coronaires, une scintigraphie cardiaque seront pratiquées pour déterminer le traitement secondaire de l'infarctus.

LES TRAITEMENTS

Dans les premières minutes, le médecin peut pratiquer une injection intraveineuse d'héparine et d'aspirine.
La
thrombolyse est désormais le traitement majeur de l'infarctus. Elle consiste à dissoudre le caillot sanguin et empêcher son extension par l'injection d'enzymes spécifiques. L'angioplastie revient à creuser l'artère coronaire bouchée grâce à une sonde équipée d'un laser, d'un rotor ou pour poser une prothèse - le stent.

Les
autres traitements sont l'aspirine, les anticoagulants et des médicaments actifs sur la dilatation des coronaires ou les troubles du rythme.

Ultérieurement, les médicaments visent à prévenir les récidives. Le malade peut bénéficier d'une angioplastie ou d'un pontage coronarien, greffe artérielle pour remplacer la zone rétrécie.

 

- L'urgence cardiaque -

L'ESSENTIEL
  • L'infarctus est une urgence médicale absolue. Il doit être pris en charge par des secours spécialisés.
  • Il est dû à l'obstruction d'une artère coronaire par un caillot.
  • C'est l'une des principales causes de mortalité en Europe.
  • Les traitements majeurs en urgence sont la thrombolyse et l'angioplastie.

 

SYMPTÔMES

Douleur thoracique en barre :

  • créant une sensation d'étau

  • irradiant vers le cou, la mâchoire, les bras, l'estomac

  • favorisée par le stress et l'effort

  • non soulagée par le repos ou les médicaments nitrés

  • Nausées, sueurs, angoisses

 

DÉPISTAGE ET PRÉVENTION

Réduire la fréquence et la gravité de l'infarctus repose sur :

  • la surveillance cardiaque très régulière;

  • la lutte contre les facteurs de risque : tabac, sédentarité, hypertension;

  •  le traitement radical de l'angine de poitrine.

 

LA MÉDECINE EN PROGRÈS
  • Les traitements actuels ont réduit de moitié la mortalité due à l'infarctus du myocarde.
  • La thrombolyse et l'angioplastie sont des soins d'urgence accessibles aujourd'hui à tous grâce à l'intervention des SAMU et aux progrès de la réanimation.
  • Le bénéfice préventif de l'aspirine et des substances anti-cholestérol est largement démontré aujourd'hui.

  • La prévention des récidives mortelles est de mieux en mieux codifiée et efficace, grâce notamment à l'aspirine et à de nouveaux médicaments.

Cette image de coronarographie montre l'artère coronaire gauche du cœur.

 

Source : Guide Santé de la Famille - groupe 8 - fiche 5

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1'0bjet du Guide Santé de la Famille est de vous apporter un certain nombre d'informations de caractère scientifique et médical, lesquelles, en cas de problèmes affectant votre santé, ne sauraient être substituées à l'avis de votre médecin.